jeudi, 03 juillet 2008
Viticulteurs du Languedoc Roussillon: Michel Barnier annonce le déblocage d'une aide exceptionnelle
C'était il y a une semaine. Les viticulteurs du Languedoc Roussillon, confrontés à une grave crise financière, étaient venus à Montpellier pour exprimer leur désarroi et leur détresse. Michel Barnier s'était alors engagé à recevoir une délégation des viticulteurs de la région afin de mettre immédiatement en oeuvre une série de mesure pour soulager la filière viticole.
Michel Barnier, conscient de la crise viticole qui frappe nos viticulteurs, a décidé d'agir rapidement en débloquant 2 million d'euros qui s'ajoutent aux 1,7 million d'euros déjà dégagés sur le 1er semestre 2008 pour le Languedoc-Roussillon. En sortant de la réunion organisée entre les viticulteurs et le ministre, le vice-président de la FNSEA, Jérôme Despey, s'est félicité que "le ministre ait pris des engagements pour alléger la trésorerie des viticulteurs".
Michel Barnier a en effet accordé cette aide exceptionnelle pour "renforcer la prise en charge des cotisations sociales des exploitations à très faibles revenus". Par ailleurs, le ministre a indiqué que le gouvernement allait déposer un amendement au Sénat dans le cadre de la Loi de modernisation de l'Economie, visant à rendre obligatoire le paiement d'un acompte de 15% lors de tout achat de vin aux viticulteurs de la part des négociants. Un second amendement prévoit également le raccourcissement des délais de paiement pour le vin qui passerait de 75 jours à 60 voire 45 jours, a-t-on précisé au ministère.
Enfin, Michel Barnier a annoncé un réexamen des dossiers de viticulteurs "ayant fait l'objet en 2007 d'un rejet total ou partiel de demandes d'exonération de la taxe foncière sur le non-bâti".
Première activité économique devant le tourisme, la production vinicole du Languedoc Roussillon est aujourd'hui menacée.
Au delà du malaise ambiant lié aux charges des cotisations sociales, des délais de paiement et du prix de l'essence, c'est la politique régionale consacrée à la viticulture qu'il faut revoir. La région devrait alléger les taxes exorbitantes qui pèsent sur les exploitations et pénalisent l'exportation des vins du Languedoc Roussillon. La région, au lieu de gaspiller plusieurs millions d'euros pour les spots télévisés "Sud de France" aurait pu inciter les viticulteurs à préparer la viticulture de demain en aidant l'oenotourisme qui vise à faire déguster le vin aux touristes tout en les faisant participer à sa conception.
La région qui a vocation à valoriser notre identité et notre territoire, afin de rendre plus visibles et attractifs nos vins pour les consommateurs pourrait organiser la découverte de nos vignobles avec des coopératives ouvertes aux touristes, des sentiers pour des balades pédagogiques à travers les cépages, etc.
Les "maisons de la région", disséminées aux quatre coins du monde et très peu fréquentée, devrait avoir un véritable rôle de relai en assurant avec des "missi dominici" la promotion de nos vins à l'étranger. Les vins du Languedoc Roussillon n'ont jamais perdu leurs lettres de noblesse, c'est la région qui n'a pas su les mettre suffisamment en valeur en donnant à nos viticulteurs les moyens de lutter face à la concurrence mondiale.
Cette aide exceptionnelle, aussi importante soit-elle, n'a pas vocation à résoudre la crise de la viticulture, il revient donc à la région de se doter d'une politique ambitieuse et innovante pour surmonter cette crise afin de sauvegarder notre culture, la ruralité et le travail de la terre, celle de nos ancêtres.
Mathieu SOLIVERES
















